Tuesday, January 16, 2007
Ga Ema sur la go!
Comme je le craignais, malgré mes bonnes résolutions de 2007, je prend décidément des faux plis de communications! Deux mois sans nouvelles, aille, c'est pas l'idéal, j'espère qu'il y a en encore d'aucun qui n'ont pas relégué ce site au cimetière du Web!
Les choses vont à un rythme effréné pour moi ici (je m’essouffle quasiment à écrire tout ça ah ah); on est loin des caricatures de l'Afrique comme étant un genre d'escargot aveugle. Je me retrouve un peu comme toujours avec un conflit de priorités (tout m'apparaît comme des priorités) et je ne sais plus où donner de la tête. Mais j'ai la conviction que peu importe mes choix, cela sera enrichissant. Et «ça va aller» comme dirait mon copain Benoît.
Depuis la dernière fois que j'ai écrit, il y a eu une réorientation dans ma philosophie d'être ici; ces temps-ci, je prends les choses moins relaxes et je fonce beaucoup plus. Je réalise que la job doit avancer, qu'il y a des projets qui me tiennent à cœur (vidéo, visites, voyages, activités sociales), et des choses que je ne veux pas compromettre (sport, méditation, cours de dioula) et que si je ne les fais pas maintenant, je ne les ferai jamais. J’ai quelques projets vidéos que je tiens à faire ; j’ai vraiment besoin d’amélioration ah ah. Les voici : 1) finir capture édition et sous-titrage du vidéo promotionnel d’ASKS, 2) filmer une discussion informelle d’amis Canadiens et Burkinabé sous forme d’un jeu sur les différences culturelles pour faire tomber des préjugés des deux bords 3) recueillir les légendes et mythes d’ici au Burkina pour faire un beau souvenir et 4) faire un documentaire sur mon sujet de thèse pour l’uni. OUF ! Merci papa pour la caméra lol
Y'a Krystel qui repart au Canada dans moins de deux mois, alors on n'a pas le choix d'accélérer le rythme de nos sorties de «tourrriisssssmee »! À date on a visité un peu Ouaga, Bobo, Koro (un village bâti sur un tas de pierre pour résister à l'envahisseur islamique), Banfora, et... C'est pas mal ça. Alors là on veut aller à Gaoua, la capitale du pays Lobi, une ethnie de guerrier dont est issu le chum de Catherine, ensuite moi j'ai deux fins de semaine de bloquées, une pour travailler à K-Sambla et l'autre pour visiter les productrices de karité à Léo et en profiter en même temps pour faire un saut dans le sud du pays. Puis on se prend quelques jours de congé pour aller se tapper un trip dans le Nord, faire du chameau dans le Sahara à Gorom-Gorom, en prenant le thé avec un Touareg avant de dormir dans le désert. Ouf, quelle aventure! Et après peut-être on va faire les deux parcs nationaux dans l'Est (voir des zéléphants, héhé), mais on va voir si c'est possible logistiquement (faut un 4 par 4), financièrement...
Sans compter la contrainte de temps. En fait, ces temps-si, je vois que mes objectifs professionnels peuvent être quelque peu compromis par tout ce qu'il y a autour de mon mandat proprement dit, soit la thèse, et le travail hors-mandat (comme la formation en logiciels libres avec Rafigui et les trucs multimédias en général). Pour tout dire, j'ai recommencé à me ronger les ongles en pensant à comment je vais faire pour avoir fini mon manuel de gestion des AGR et ma formation en entreprenariat/marketing/microfinance avant la fin du mois de mars (putain d’année fiscale Canadienne qui rend les choses difficiles).
L'autre problème, c'est qu'ensuite il faut que je fasse ma recherche! Je suis maintenant presque sûre de ne pas le faire avec les productrices de karité vu que je les connais pas encore, en plus c’est un gros 7-10 heures de Bobo, bref, y’a plein de contraintes majeures qui m’en empêchent. Ca me fait quand même un petit pincement au cœur car le commerce équitable m’intéresse vraiment comme domaine, et j’aimerais peut-être me pogner une job là-dedans dans le futur, genre avec Alternatives ou Oxfam. Mais bon, je vais essayer de mettre ma recherche sur le sujet à contribution en écrivant un article et tentant de le faire publier à quelques endroits. (Et oui, voici pour mon obsession de «produire du contenu » ! Merci les NTICs et le Web 2.0 – ah ouin, aussi faudrait que je commence à être plus sérieuse pour être une réceptrice aussi, prendre connaissance du contenu que les autres émetteurs fournissent, de focuser un peu sur les « inputs » plutôt que juste les « outputs ». Genre en écoutant les nouvelles et lisant plus de trucs à part de la fiction, pis arrêter ma manie de me tapper la revue de l’année passée en janvier pis après déconnecter carrément du monde ah ah.) Mais tout ça est un autre débat. Pour la thèse, je me suis dit que ça serait plus cool de faire ça avec les femmes à K-Sambla, vu qu’on a déjà une belle relation de confiance, je suis déjà allée là-bas quelques fois, et avec les conseillers on travaille super bien. Je vais leur en parler bientôt, pour l’instant je regarde les possibilités de rechercher sur la filière coton du Burkina, sur ses institutions corrompues et exploratrices. Ca m’avait beaucoup affecté d’apprendre toutes les crosses de
Plus ça va, plus je me découvre un intérêt croissant pour les communications, et je vis une seconde lune de miel avec l'informatique. En observant les différents postes de coopérants offerts autour de moi, je réalise néanmoins que je n'ai pas vraiment envie de m'orienter vers la gestion de projets; j'aimerais avoir une expérience/expertise technique et professionnelle (ambitieuse la fille!) tout en gardant l'esprit communautaire et solidaire très vivant. En ce moment je suis pas sûre à 100% que ce domaine sera l'économie sociale ou politique. J'hésite de plus en plus à savoir si je veux faire ma maîtrise directement après le bac; y'a quelque chose qui me dit que côté études je suis sur une bonne lancée, mais si je passe à côté de certaines opportunités maintenant (comme aller vivre en Chine, faire mon voyage de cyclo, faire un autre contrat), je devrai les oublier pour de bon. Je me sens de plus en plus attirée vers l'Europe pour ma maîtrise, ça m'apparaît comme un continent magnifique, avec une culture différente de la mienne, soit qui vaut la peine d'être découverte. Peut-être qu'on retour je ferai les vandages de raisin en France pour me gagner un peu de sous et tâter le terrain.
Pour ceux qui se rendent à ce paragraphe, je me suis dit que pour vous féliciter de votre patience à m’écouter chialer, je vais parler de d’autres choses que mes angoisses ! Mes amis du Tchad sont venus passer deux semaines et demi avec moi, et c’était vraiment vraiment cool. Ca m’a confirmé que ces jeunes-là, ce n’est pas un hasard qu’on se soit rencontrés. Aussi, j’ai réalisé que j’avais peu d’amis comme eux ici, genre éduqués, cultivés, trippants. Je connais du monde motivés et trippants, mais franchement les Rafiguiens ont vraiment de quoi à dire dans la vie. Un peu comme Benoît. Peut-être pour ça que lui et moi on se lâche pus lol. Checkez le site et le blog de l’IA13 si ça vous tente d’en lire plus sur mes Tchadiens ah ah J
Côté culturel, je commence à me sentir moins aliénée des 500 000 personnes de la ville. La dernière fois au village, c’était vraiment le fun, on a fait le tour des familles, ils nous ont donné des poules vivantes (qui vivent maintenant dans le bac à compost !), on a mangé de l’antilope, j’ai porté du bois sur ma tête, j’ai eu un cours de balafon, on a fait de l’aquarelle avec les enfants, j’ai super gros parlé dioula, on a bien dansé, j’ai cuisiné, tk c’était vraiment hot. C’était évident, mais quand les autres volontaires ne sont pas autour, c’est vraiment plus facile de s’intégrer. Et la ville et le village, c’est vraiment 2 mondes. Ca ne se compare même pas. Avec 80% de la population du Burkina vivant en campagne, je trouverais ça con de pas en profiter pour faire le plus de temps possible en village.
Et pis je trouve ça vraiment le fun de travailler en VIH SIDA, de jaser avec les jeunes. L’autre jour on a participé à un thé-débat et c’était vraiment le fun et enrichissant de parler avec du monde de mon âge mais d’une autre culture sur la sexualité, le mariage, l’infidélité, tout ça. Ces temps-ci je suis plus attentive aux manifestations des valeurs que la société transmet sur le comportement/le discours des gens, et parfois je m’étonne. C’est rushant de voir des amis parler comme de quoi une femme battue doit rester avec son mari pour les enfants, par exemple. De se faire demander « va chercher de l’eau » par son copain. D’entendre un ami parler de ses 3 copines qui ignorent l’existence des 2 autres. C’est un peu une confrontation, mais j’ai l’impression de comprendre plus la logique derrière le mode de pensée Burkinabé, et j’essaie de ne pas juger.
Bon ben that’s it that’s all pour tout suite. Je vous quitte sur ce, les Québécois, lisez des livres Patrick Sénécal sont vraiment hots! (Drôle de chute direz-vous !)